Construction et Bâtiment

Devenir Ramoner (Entretien des cheminées) au Québec : Salaire, Formation et Avenir.

Devenir Ramoner (Entretien des cheminées) au Québec

As-tu déjà pensé à devenir la personne qui protège les familles des incendies de cheminée en gardant leurs foyers propres et sécuritaires? Le métier de ramoneur — Ramoner (Entretien des cheminées) — est un travail manuel, concret, très utile au Québec où les poêles et foyers au bois, au granule et au mazout font encore partie du quotidien.

Description du poste

Quotidien du métier

Comme ramoneur ou ramoneuse, tu te déplaces chez des particuliers, dans des chalets, parfois dans des immeubles ou des commerces, pour nettoyer et inspecter les cheminées, conduits d’évacuation et appareils de chauffage (poêles à bois, foyers, chaudières au mazout, poêles à granules). Tu travailles beaucoup à l’extérieur et en hauteur, souvent sur les toits, en utilisant des brosses, des tiges, un aspirateur spécialisé, des caméras d’inspection et de l’équipement de protection respiratoire.

Le travail est plutôt saisonnier au Québec, avec un pic fort à l’automne (septembre à décembre) et une autre période active au printemps, selon la région. En basse saison, tu peux offrir d’autres services complémentaires (ex.: nettoyage de conduits de sécheuse, inspection WETT, pose de chapeaux de cheminée, gainage, petites réparations d’étanchéité).

Tu es en contact direct avec les clients. Tu expliques, tu conseilles, tu donnes des recommandations de sécurité et d’entretien. Ton rôle est essentiel pour éviter les feux de cheminée causés par la créosote ou le bistre.

Tâches principales

  • Monter et sécuriser les échelles et les accès aux toits; installer la ligne de vie et le harnais.
  • Nettoyer les cheminées et conduits (bois, granules, mazout) avec les brosses et tiges adaptées; récupérer les résidus avec un aspirateur HEPA.
  • Effectuer une inspection visuelle ou avec caméra pour repérer l’usure, les fissures, le mauvais tirage, l’humidité, le dépôt de créosote, les nids d’oiseaux ou les obstructions.
  • Vérifier l’installation et l’état des chapeaux de cheminée, joints, solins, collerettes, plaques d’assise.
  • Contrôler le dégagement aux matériaux combustibles, l’arrivée d’air, l’évacuation des fumées et la conformité générale selon les normes applicables (CSA B365, ULC pour cheminées préfabriquées).
  • Produire des rapports d’entretien/inspection; recommander l’entretien ou les réparations nécessaires.
  • Éduquer le client sur la fréquence de ramonage, les bonnes pratiques de combustion (bois sec), le stockage et la sécurité incendie.
  • Installer ou remplacer des chapeaux de cheminée, pare-étincelles, joints d’étanchéité; parfois effectuer un gainage (liner) ou de petites réparations d’accessoires (selon tes compétences et ta licence d’entrepreneur si applicable).
  • Planifier les routes de service, gérer la prise de rendez-vous, la facturation et le service à la clientèle (surtout si tu es à ton compte).

Formation requise

Il n’existe pas de DEP obligatoire uniquement dédié au ramonage au Québec. Le métier s’apprend souvent en entreprise, en apprentissage ou via des formations de perfectionnement (ex.: WETT pour appareils à combustible solide). Par contre, certains diplômes liés au chauffage, à la ventilation ou à l’entretien d’immeubles peuvent t’aider à développer une base solide et à élargir tes services.

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Diplômes (DEP, DEC, BAC)

  • DEP (atout, non obligatoire) :
    • Ferblanterie – tôlerie de bâtiment (utile pour travailler les conduits, chapeaux, solins).
    • Mécanique de systèmes de chauffage ou formations connexes en CVC (selon l’offre régionale).
    • Entretien général d’immeubles (pour des bases en sécurité, outillage, entretien).
  • DEC/BAC :
    • Non requis pour exercer comme ramoneur. Un DEC en technologie de la mécanique du bâtiment peut toutefois aider si tu veux évoluer vers l’inspection avancée ou la gestion technique. Un BAC n’est pas nécessaire.
  • Certifications spécifiques et hautement pertinentes :
    • WETT (Wood Energy Technology Transfer) – reconnaissance canadienne pour l’inspection et l’installation d’appareils au bois; très demandée par les assureurs.
    • ASP Construction – Santé et sécurité générale sur les chantiers (souvent exigée si tu interviens sur des chantiers ou toits avec autres corps de métiers).
    • Formations CNESST en travail en hauteur, espaces clos (au besoin), protection respiratoire.

Important: si tu passes de l’entretien à l’installation ou à la réparation de foyers/cheminées, des obligations supplémentaires peuvent s’appliquer (licence d’entrepreneur de la RBQ et, pour le gaz, certificats de qualification spécifiques). Informe-toi avant d’offrir ces services.

Durée des études

  • DEP (ferblanterie, CVC, entretien d’immeubles) : en général de 900 à 1800 heures (variable selon le programme et le centre).
  • ASP Construction (santé-sécurité) : environ 30 heures.
  • WETT : parcours modulaire; la certification complète demande des cours + un volume d’expérience pratique documentée avant d’obtenir les désignations (p. ex. Inspecteur WETT, Technicien WETT).

Où étudier ?

Astuce: plusieurs entreprises de ramonage au Québec forment sur le tas. Tu peux commencer comme aide-ramoneur, puis compléter des formations WETT et SST pour monter en compétences.

Salaire et conditions

Salaire débutant vs expérimenté

  • Débutant (aide-ramoneur, peu d’expérience) : environ 18 $ à 22 $/h selon la région, la période de l’année et l’employeur.
  • Ramoneur autonome/expérimenté (avec inspections et services complémentaires) : environ 25 $ à 35 $/h. Les techniciens certifiés WETT peuvent facturer davantage pour les inspections officielles.
  • À ton compte (travailleur autonome/entrepreneur) : les revenus varient selon le volume de contrats, la région et la saison. Un(e) ramoneur(e) organisé(e) avec une bonne clientèle peut viser un revenu annuel brut de l’ordre de 60 000 $ à 100 000 $+, en combinant ramonage, inspections, gainage, chapeaux, et nettoyage de conduits de sécheuse (les marges dépendent des coûts d’équipement, d’assurances, du véhicule et de la publicité).

Pour comparer les perspectives et salaires par région, consulte l’IMT en ligne du gouvernement du Québec : https://www.quebec.ca/emploi/emploi-quebec/imt-en-ligne

Conditions de travail

  • Travail physique, souvent en hauteur et parfois dans des espaces restreints.
  • Exposition à la poussière, à la créosote et aux conditions météo (chaleur, froid, vent); port de masque, lunettes, gants et vêtements de protection.
  • Horaire saisonnier; beaucoup d’heures à l’automne. Possibilité de répartir la charge en offrant des services connexes au printemps/été.
  • Déplacements quotidiens avec camionnette; gestion du matériel et des consommables (brosses, tiges, filtres HEPA, rubans d’étanchéité, EPI).
  • Relation client forte; politesse, ponctualité et explications claires font toute la différence pour fidéliser.
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Perspectives d’emploi

  • La demande est soutenue par:
    • La présence d’appareils au bois dans de nombreuses résidences et chalets.
    • Les exigences des assurances qui demandent parfois une inspection WETT pour assurer une habitation avec poêle/foyer.
    • La sécurité incendie municipale qui sensibilise les citoyens au ramonage.
  • Le marché est fragmenté (PME, travailleurs autonomes). En région, la mobilité et la polyvalence augmentent tes chances.
  • Pour explorer les perspectives par profession voisine (chauffage/ventilation, entretien), consulte l’IMT en ligne : https://www.quebec.ca/emploi/emploi-quebec/imt-en-ligne

Compétences clés

Soft skills

  • Sens de la sécurité et respect strict des procédures.
  • Service à la clientèle exemplaire, attitude respectueuse au domicile du client.
  • Communication claire pour expliquer les risques, les travaux et les recommandations.
  • Autonomie et gestion du temps (itinéraires, rendez-vous, urgences).
  • Rigueur et souci du détail lors des inspections et de la rédaction des rapports.
  • Capacité physique et tolérance au travail extérieur.

Hard skills

  • Utilisation sécuritaire des échelles, harnais, lignes de vie et techniques de travail en hauteur.
  • Maîtrise des méthodes de ramonage (brosses manuelles, rotatives, aspiration HEPA).
  • Connaissance des appareils au bois, au granule et au mazout (tirage, combustion, ventilation).
  • Lecture des normes et codes applicables (ex.: CSA B365, normes ULC pour cheminées préfabriquées).
  • Inspection avec caméra et interprétation des défauts (fissures, corrosion, condensation, créosote).
  • Rédaction de rapports (simples au départ, plus complets si tu fais des inspections reconnues).
  • Notions de ferblanterie (chapeaux, solins) et d’étanchéité (scellants, collerettes).
  • Base en SST: protection respiratoire, manutention sécuritaire, prévention des chutes.

Avantages et inconvénients

Avantages:

  • Métier utile et concret: tu réduis les risques d’incendie et améliores la sécurité des familles.
  • Autonomie élevée, possibilité d’être travailleur autonome rapidement.
  • Relation client gratifiante et fidélisation sur le long terme (ramonage annuel).
  • Opportunités de spécialisation (inspection WETT, gainage, diagnostics, conduits de sécheuse).
  • Investissement initial raisonnable comparé à d’autres métiers (outillage spécialisé, véhicule).

Inconvénients:

  • Travail physique, salissant et parfois exigeant (toits, météo, poussières).
  • Forte saisonnalité avec des périodes très chargées et d’autres plus calmes.
  • Responsabilités en assurance et sécurité (tu travailles sur des éléments critiques).
  • Nécessité de se tenir à jour sur les normes et les règlements municipaux.
  • L’accès aux toits peut être risqué sans une formation SST adéquate.

Avis d’expert

Si tu veux te lancer au Québec, commence par un emploi d’aide-ramoneur dans une entreprise qui couvre un bon territoire. En quelques mois, tu vas:

  • Apprendre les techniques de nettoyage et de sécurité.
  • Connaître les différents types de cheminées (maçonnerie, préfabriquées, métalliques, gainées).
  • Développer ta façon d’expliquer au client (cause du dépôt de créosote, bois humide, tirage, entretien).

Parallèlement, vise rapidement:

  1. ASP Construction (santé-sécurité) pour travailler en hauteur sans compromis.
  2. Une formation WETT: c’est un réel plus au Québec, souvent demandé par les assureurs lors de la vente d’une maison ou de l’installation d’un poêle. Les inspections WETT, correctement documentées, t’ouvrent une clientèle fidèle.
  3. Une assurance responsabilité civile solide adaptée aux métiers d’entretien et d’inspection.

Lorsque tu envisages d’installer des chapeaux, de faire du gainage ou des travaux plus structuraux, vérifie tes obligations auprès de la RBQ (licence d’entrepreneur) et respecte les normes CSA/ULC. Pour lisser la saisonnalité, ajoute des services comme:

  • Nettoyage de conduits de sécheuse (très demandé, améliore la sécurité incendie).
  • Inspection caméra avec rapport et photos (valeur ajoutée pour le client).
  • Entretien des poêles à granules (démontage, nettoyage, vérifications).
  • Petites réparations d’étanchéité autour des cheminées (selon tes compétences et licences).
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Côté développement d’affaires, crée une fiche Google soignée, demande des avis clients, propose des rappels annuels et travaille avec les courtiers immobiliers et inspecteurs en bâtiments. En région, les partenariats avec les services de sécurité incendie et les quincailleries locales peuvent t’apporter des références.

Rappelle-toi: la sécurité prime. Un toit glissant? Reporte et reviens avec l’équipement adéquat. Une cheminée douteuse? Documente avec photos, rédige un rapport clair, suggère une inspection plus poussée ou une réparation par un entrepreneur qualifié. C’est ta crédibilité qui fait ta réputation.

FAQ

Faut-il une licence de la RBQ pour faire du ramonage au Québec?

Pour le ramonage (entretien/ nettoyage) seulement, la licence RBQ n’est généralement pas requise. En revanche, dès que tu fais de l’installation, de la réparation structurelle de cheminées/foyers ou des travaux relevant de la construction, une licence d’entrepreneur de la RBQ peut être nécessaire, selon la nature précise des travaux. Renseigne-toi directement auprès de la RBQ : https://www.rbq.gouv.qc.ca/licence/. Pour les appareils au gaz, il faut aussi respecter les exigences de qualification propres à ce secteur.

À quelle fréquence faut-il ramoner une cheminée au Québec? Y a-t-il des obligations légales?

La fréquence recommandée est souvent annuelle pour un appareil utilisé chaque saison de chauffage, et plus souvent en cas d’usage intensif (ex.: bois humide, tirage faible). Plusieurs municipalités ont des règlements de prévention incendie qui encadrent l’entretien des foyers et cheminées; certaines exigent une preuve de ramonage périodique. Vérifie le règlement local auprès de ton service de sécurité incendie municipal et consulte les conseils du gouvernement du Québec sur les appareils au bois : https://www.quebec.ca/habitation-et-logement/chauffage/poeles-et-foyers-au-bois

Assurance: de quoi ai-je besoin pour travailler comme ramoneur?

  • Une assurance responsabilité civile professionnelle adaptée aux métiers d’entretien et d’inspection (montant souvent recommandé: au moins 2 M$).
  • Si tu engages du personnel, tu dois t’inscrire à la CNESST pour la santé et sécurité du travail.
  • Si tu réalises des travaux d’installation/réparation, vérifie les exigences de licence RBQ et adapte tes assurances en conséquence. Certaines inspections (ex.: WETT) peuvent exiger des standards de documentation particuliers: forme-toi et garde des rapports détaillés.

Quel équipement de départ prévoir et combien ça coûte?

Un kit de base comprend: brosses adaptées (acier, nylon), tiges flexibles, aspirateur HEPA, caméra d’inspection (idéal pour valoriser tes services), échelles sécurisées, harnais et ligne de vie, EPI (masques, lunettes, gants), bâches et rubans, quelques outils de ferblanterie (pour chapeaux/solins). Pour débuter de façon professionnelle, prévois un budget de l’ordre de 3 000 $ à 8 000 $ (hors véhicule), selon la qualité et la sophistication de la caméra et des systèmes rotatifs.

Quelle est la différence entre un ramoneur, un installateur et un inspecteur WETT?

  • Le ramoneur se concentre sur le nettoyage et l’entretien pour assurer un tirage adéquat et réduire les risques d’incendie.
  • L’installateur pose des appareils (foyers, poêles) et des cheminées; il doit respecter les codes et peut nécessiter une licence RBQ et des qualifications spécifiques (surtout pour le gaz).
  • L’inspecteur WETT réalise des inspections reconnues des appareils au bois et de leurs systèmes d’évacuation. Cette certification canadienne est souvent demandée par les assureurs ou dans le cadre d’une transaction immobilière. Infos: https://www.wettinc.ca/fr/

Liens utiles rappel:

En choisissant de devenir ramoneur au Québec, tu fais un métier de proximité, utile et recherché, avec de réelles possibilités d’évolution vers l’inspection certifiée, la ferblanterie légère et les diagnostics de systèmes de combustion. Si tu aimes le travail manuel, les toits et le service à la clientèle, c’est une voie solide et pleine de sens.

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