As-tu déjà regardé un toit en bardeaux flambant neuf en te disant: « Je serais capable de faire ça »? Si tu aimes travailler physiquement, à l’extérieur et que tu n’as pas peur des hauteurs, le métier de poseur de bardeaux (toitures résidentielles en pente) pourrait être exactement ce que tu cherches au Québec.
Description du poste
Quotidien du métier
Comme poseur de bardeaux, tu passes tes journées sur des toitures résidentielles en pente. Tu remplaces des toitures vieillissantes, tu répares des fuites, tu poses des sous-couches, des membranes pare-glace et eau, et tu termines avec des bardeaux d’asphalte bien alignés. Tu travailles en équipe, de bonne heure le matin, souvent dans des quartiers résidentiels. Tu montes et descends des échelles, tu utilises des harnais, des lignes de vie et des cloueuses pneumatiques. Le rythme est soutenu: on démonte, on prépare, on installe, on nettoie. La sécurité est au cœur de tout ce que tu fais, surtout sur des pentes raides.
Tu devras t’adapter à la météo (chaleur, vent, pluie intermittente) et aux saisons. L’été, les journées sont longues et intenses; au printemps et à l’automne, les réparations et remplacements s’accélèrent; l’hiver, les chantiers résidentiels en bardeaux ralentissent, mais il y a souvent des appels pour des réparations d’urgence et du déneigement de toitures.
Tâches principales
- Démonter l’ancienne couverture: enlever les bardeaux, clous et feutres; évacuer les débris.
- Inspecter et réparer le platelage (contreplaqué/OSB), remplacer les sections pourries.
- Installer les solins (cheminées, murs, lucarnes), bordures de rives, membranes pare-glace et eau, sous-couches synthétiques.
- Poser les bardeaux d’asphalte (alignement, découpe, clouage selon le fabricant et le Code de construction du Québec).
- Traiter les noues, les rives et les chapeaux de faîte; assurer une ventilation adéquate (prises d’air en soffite, sorties de toit).
- Utiliser et entretenir les outils: cloueuse, compresseur, couteau, cordeau, barres à arracher, échafaudages légers et crochets de toit.
- Mettre en place et respecter les mesures de sécurité (harnais, lignes d’ancrage, garde-corps temporaires).
- Communiquer avec le client au besoin et laisser le chantier propre.
Formation requise
Diplômes (DEP, DEC, BAC)
- DEP: Il n’existe pas un seul DEP obligatoire uniquement « poseur de bardeaux ». Dans l’industrie de la construction au Québec, l’accès se fait surtout par la CCQ via l’apprentissage au métier de couvreur (spécialité bardeaux en résidentiel). Des DEP connexes peuvent toutefois t’aider:
- DEP Charpenterie-menuiserie (utile pour la compréhension du bâtiment, 1 350 h).
- DEP Ferblanterie – travaux de bâtiment (utile pour les solins et le métal, ± 1 800 h selon l’établissement).
- Certains CFP offrent des contenus liés à la toiture (revêtements, membranes, solins) intégrés à d’autres programmes.
- DEC: Non requis pour exercer. Un DEC en estimation ou technologie de l’architecture peut aider si tu vises des rôles d’estimateur, contremaître ou gestion de projets.
- BAC: Non requis pour la pose. Un BAC en génie de la construction ou en administration peut être pertinent si tu veux devenir entrepreneur et développer une entreprise de toiture.
Important: Pour travailler légalement sur les chantiers de construction au Québec, tu as généralement besoin:
- D’une carte de compétence de la CCQ (apprenti, puis compagnon) dans la classification de couvreur, spécialité bardeaux en résidentiel.
- De la carte ASP Construction (formation Santé et sécurité générale sur les chantiers de construction – 30 h).
Ressources officielles:
- CCQ – Cartes de compétence: https://www.ccq.org
- ASP Construction – Formation 30 h: https://www.aspconstruction.org
Si tu souhaites, plus tard, démarrer ta propre entreprise de toiture résidentielle, il te faudra une licence de la RBQ (sous-catégorie appropriée pour la toiture). Renseignements:
- RBQ – Obtenir une licence: https://www.rbq.gouv.qc.ca/licence/obtenir-une-licence
- RBQ – Sous-catégories de licence: https://www.rbq.gouv.qc.ca/licence/entrepreneur/sous-categories-de-licence
Durée des études
- Apprentissage CCQ: généralement structuré en 3 périodes de 2 000 heures (environ 6 000 heures au total) avant l’examen de qualification pour devenir compagnon. La durée réelle dépend de l’intensité de travail saisonnière et de l’employeur.
- Carte ASP Construction: 30 heures.
- DEP connexes: de 1 350 h à 1 800 h selon le programme et l’établissement (facultatifs mais valorisés).
Où étudier ?
Pour démarrer, tu peux:
- T’inscrire à la formation ASP 30 h (obligatoire): https://www.aspconstruction.org
- Chercher un employeur prêt à te parrainer comme apprenti couvreur (spécialité bardeaux) et amorcer ton carnet d’apprentissage avec la CCQ: https://www.ccq.org
- Explorer des DEP connexes utiles à la toiture:
- École des métiers de la construction de Montréal (programmes liés au bâtiment): https://ecmm.cssdm.gouv.qc.ca
- CFP Le Chantier (Québec): https://www.cfplechantier.ca
- AdmissionFP – Trouver un programme et un CFP: https://www.admissionfp.com
- Inforoute FPT – Programmes de formation professionnelle: https://www.inforoutefpt.org
Astuce: appelle les CFP et demande spécifiquement les contenus touchant la toiture résidentielle, les solins, la sécurité en hauteur et les techniques de pose de bardeaux. Plusieurs centres adaptent leurs cours ou offrent des ateliers spécialisés.
Salaire et conditions
Salaire débutant vs expérimenté
Au Québec, la rémunération en construction est encadrée par des conventions collectives (CCQ) et varie selon le secteur (résidentiel vs ICI), la région et le statut (apprenti/compagnon). À titre indicatif:
- Débutant (apprenti 1): environ 22 $ à 28 $/h, plus les avantages propres à l’industrie.
- Expérimenté (compagnon): environ 34 $ à 45 $/h, selon le secteur, la région et les clauses de la convention applicable.
S’ajoutent souvent:
- Indemnités de vacances et jours fériés, assurances collectives via les régimes de l’industrie, contributions au régime de retraite de la construction.
- Heures supplémentaires majorées selon la convention collective.
Vérifie toujours les taux en vigueur auprès de la CCQ: https://www.ccq.org
Conditions de travail
- Travail physique et en hauteur; port d’un harnais et d’un équipement de protection complet.
- Exposition aux intempéries; périodes chaudes, froides et venteuses.
- Saisonnalité marquée en résidentiel: périodes très actives au printemps, en été et à l’automne; ralentissement partiel l’hiver (réparations et urgences).
- Déplacements quotidiens vers divers chantiers; ponctualité très importante (départ matinal).
- Culture d’équipe et cadence de production soutenue.
Perspectives d’emploi
La demande pour la réfection de toitures résidentielles demeure soutenue au Québec en raison du vieillissement du parc immobilier et des épisodes de météo extrême. Les bons poseurs de bardeaux trouvent généralement du travail durant la haute saison, avec des possibilités d’avancement (chef d’équipe, contremaître, estimateur, entrepreneur).
Ressources officielles sur les perspectives:
- Québec.ca – Fiche métier Couvreurs/couvreuses (7291): https://www.quebec.ca/emploi/metiers-professions/couvreurs-couvreuses-7291
- CCQ – Accès à l’industrie et information sur les métiers: https://www.ccq.org
Compétences clés
Soft skills
- Sens de la sécurité et respect des procédures CNESST.
- Esprit d’équipe et communication sur le toit.
- Gestion du temps et de la cadence.
- Résistance au stress (météo, urgences, délais).
- Souci du détail (alignement, clouage, étanchéité, finitions).
- Fiabilité (ponctualité, constance, respect du client).
Hard skills
- Maîtrise des techniques de pose de bardeaux d’asphalte (rang de départ, noues, faîtages).
- Installation de membranes pare-glace et eau et sous-couches selon les règles de l’art.
- Serrurerie de toit: pose de solins autour des cheminées, murs, évents; pliage de pièces métalliques de base.
- Lecture de plans simples et estimation des quantités (pieds carrés, nombres de paquets, quantité de clous).
- Utilisation sécuritaire des échelles, harnais, points d’ancrage, cloueuse pneumatique et compresseur.
- Notions de ventilation de toit (équilibre entrées/sorties, prévention de la condensation et des digues de glace).
- Connaissance des exigences du Code de construction du Québec et des instructions des fabricants.
- Application de procédures CNESST – travaux en hauteur: https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/prevention-securite/themes/travaux-en-hauteur
Avantages et inconvénients
Avantages
- Métier concret et valorisant: tu vois immédiatement le résultat de ton travail.
- Bonne employabilité en saison et progression salariale intéressante avec l’expérience.
- Possibilités d’avancement: chef d’équipe, contremaître, estimateur, puis entrepreneur.
- Travail varié: chaque toit est différent (pentes, formes, lucarnes, matériaux).
- Développement d’une expertise recherchée en étanchéité résidentielle.
Inconvénients
- Exigeant physiquement: manutention, chaleur, travail en hauteur.
- Saisonnalité: revenus variables si tu ne planifies pas bien tes périodes creuses.
- Risque accru (chutes, coupures) si les règles de sécurité ne sont pas respectées.
- Départs très tôt et déplacements fréquents.
- Travail à l’extérieur: exposition aux intempéries et à la poussière.
Avis d’expert
Si tu débutes, choisis un employeur qui mise fort sur la sécurité et la formation en chantier. Tu apprendras plus vite avec une équipe structurée: mise en place des ancrages dès l’arrivée, protection des surfaces au sol, méthodes de démontage propres, ordre précis d’installation (rives, pare-glace et eau, sous-couche, démarreur, champs, noues, faîtage), contrôle qualité à chaque étape. N’hésite pas à poser des questions et à demander une rétroaction: un millimètre de plus ou de moins sur une noue peut faire la différence entre un toit étanche et une infiltration.
Investis tôt dans un harnais confortable, des bottes antidérapantes, un bon couteau, un marteau de couvreur, un mètre et un sac à clous de qualité. Prends l’habitude de lire les fiches techniques des fabricants (position du clouage, recouvrements, températures minimales de pose). En hiver ou en mi-saison, maîtrise les techniques pour compenser les scellants moins actifs (plus de clous, scellant manuel au besoin, entreposage des bardeaux au chaud).
Planifie ta saison: mets de l’argent de côté l’été pour les périodes plus calmes; certains couvreurs complètent avec des réparations, de la ventilation d’entretoit, l’installation de solins ou même des membranes sur petites annexes pour lisser les revenus. Si l’entrepreneuriat t’intéresse, commence par l’estimation et le service client: ponctualité, soumissions claires, photos avant/après. Ensuite, informe-toi tôt sur la RBQ, la gestion de la SST et les assurances.
FAQ
Faut-il absolument un DEP pour devenir poseur de bardeaux au Québec?
Non. La voie standard passe par l’apprentissage CCQ (carte d’apprenti, puis d’éventuel compagnon), combiné à la carte ASP 30 h. Un DEP connexe peut toutefois accélérer ton intégration et améliorer ta compréhension des techniques (charpenterie-menuiserie, ferblanterie). Le plus important est d’entrer légalement dans l’industrie, de cumuler tes heures d’apprentissage et de respecter les règles de sécurité. Renseigne-toi auprès de la CCQ: https://www.ccq.org
Est-ce que la pose de bardeaux se fait l’hiver au Québec?
Oui, mais de façon limitée. Les très grands chantiers en bardeaux d’asphalte sont moins fréquents l’hiver, car le scellant réagit mal au froid. On privilégie les réparations, les urgences et les petits remplacements lors de fenêtres météo favorables. Quand on pose par temps froid, on adapte les méthodes: clouage rigoureux, matériaux tempérés, scellant additionnel si recommandé, plus grande prudence en sécurité (glace, vent).
Quelle est la différence entre poseur de bardeaux résidentiel et couvreur de membranes sur toitures plates?
Le poseur de bardeaux travaille surtout sur des toitures en pente avec des bardeaux d’asphalte, des sous-couches et des solins. Le couvreur de membranes (EPDM, TPO, bitume modifié) intervient principalement sur des toitures à faible pente/plates du secteur résidentiel ou ICI. Les techniques, les matériaux et certains équipements diffèrent. Les deux relèvent de la CCQ, mais les chemins de carrière et les compétences spécifiques ne sont pas identiques.
J’ai le vertige: est-ce incompatible avec le métier?
La tolérance aux hauteurs est essentielle. Cela dit, l’utilisation systématique d’ancrages, de lignes de vie et d’un harnais conforme, ainsi que la planification des déplacements sur le toit, réduisent grandement les risques et le stress. Si tu as un vertige important, ce métier n’est peut-être pas idéal. Tu peux toutefois viser des rôles connexes (préposé au sol, logistique de chantier, estimation) ou évoluer vers la coordination.
Comment passer de poseur de bardeaux à entrepreneur en toiture résidentielle?
- Deviens compagnon (accumule tes heures, réussis l’examen de qualification).
- apprends l’estimation, la gestion de projet et le service client.
- Suis la formation ASP 30 h (déjà requise) et complète, au besoin, des cours de gestion.
- Obtiens la licence RBQ dans la bonne sous-catégorie, assure-toi de respecter la CNESST (SST), prends les assurances nécessaires et structure tes contrats et garanties. Infos RBQ: https://www.rbq.gouv.qc.ca
Rappels utiles:
- CNESST – Travaux en hauteur: https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/prevention-securite/themes/travaux-en-hauteur
- Québec.ca – Couvreurs/couvreuses: https://www.quebec.ca/emploi/metiers-professions/couvreurs-couvreuses-7291
Tu souhaites un métier manuel, concret et bien rémunéré, où ton professionnalisme se voit depuis la rue? En te formant correctement, en respectant la sécurité et en développant ta rigueur technique, tu peux bâtir une carrière solide comme un toit neuf dans le métier de poseur de bardeaux au Québec.
